Une étudiante de la fac de Melun aurait piraté les systèmes informatiques de la fac pour modifier ses notes.   Flux RSS

Le ParisienLe 30/10/2008 à 09:08:45
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Affaire pour le moins atypique à l’Institut de droit et d’économie Paris-II Assas de Melun. Doyen de l’université melunaise, Frédéric Debove s’apprête à déposer plainte auprès du procureur de la République de Paris pour piratage informatique. Les notes d’une étudiante de deuxième année, âgée de 21 ans, auraient été modifiées grâce à une intrusion dans le système.
Un délit pénal répréhensible d’une amende, voire d’une peine d’emprisonnement. L’enquête pourrait être confiée à des spécialistes en matière de lutte contre la criminalité informatique.

« Elle avait la moyenne dans une seule matière sur dix »


Que s’est-il passé ? « Le 22 septembre, nous avons délibéré sur la session de rattrapage, explique Frédéric Debove. En de uxième année de droit, cela concerne une petite centaine d’étudiants. Sur le procès-verbal de délibération, l’étudiante apparaissait comme ajournée (NDLR : recalée au rattrapage). Or sur la communication des résultats par Internet, l’étudiante a eu l’heureuse surprise d’être admise en troisième année ! »

Une surprise en effet. « Aux examens, elle avait la moyenne dans une seule matière sur dix, poursuit le doyen de cette université de 1 400 étudiants. Mais au vu de ses notes, elle s’est retrouvée avec la moyenne dans l’ensemble des dix matières ! » Pour Frédéric Debove, pas de doute, il y a eu piratage. D’autant qu’il suffirait d’entrer le matricule d’un élève pour accéder à son dossier.

Selon lui, deux éléments prouvent la fraude : « D’une part, l’alerte informatique. Quand quelqu’un de l’intérieur ou de l’extérieur touche aux notes après la délibération, un mouchard détecte l’intrusion dans le système. D’autre part, j’ai demandé qu’on compare nos PV de délibération avec les diplômes de Deug édités. Il y en avait un de plus. La fraude a été déjouée ! »

Le 14 octobre, Frédéric Debove a convoqué l’étudiante dans son bureau. « En tant que pénaliste, je suis prudent. Je n’impute pas la fraude à l’étudiante. L’enquête dira si elle est impliquée. Je la considère toujours comme innocente. » Quant à la jeune femme, elle conteste les faits depuis le début.

Le doyen a-t-il envisagé d’autres explications à cet incident ? Un raté administratif ? « Chez nous, il y a toujours une triple lecture des notes après correction des copies. Et il n’y a jamais d’erreurs dans neuf notes sur dix ! »

Il n’exclut pas qu’une tierce personne ait pu choisir « par hasard » le dossier de la jeune fille : « Mais un hacker aurait semé le bazar sur plusieurs candidats, pas en augmentant les notes d’une seule élève. »

Sophie Bordier Le Parisien