Les syndicats enseignants britanniques dénoncent une politique de propagande au sujet de l'Irak   Flux RSS

Bankexam.frLe 15/03/2008 à 22:09:57

Le plus grand syndicat d'enseignants britannique a accusé le ministère de la défense d'enfreindre la loi à l'occasion de la publication des nouveaux programmes d'histoire (traitant de la guerre en Irak) enseignés en école primaire. La NUT (National Union of Teachers), littéralement le syndicat national des enseignants, revendique une entorse faite à la loi de 1996 qui assure que « tous les problèmes politiques seront traités à l'école de manière objective dans un soucis de totale impartialité. »

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Les professeurs d'écoles primaires, de collèges et de lycées menacent le gouvernement de ne plus enseigner l'histoire militaire et ajoutent que ce programme n'est rien d'autre qu'un exercice de propagande qui ne fait ni mention des pertes civiles durant la guerre ni mention de l'absence d'armes de destruction massive.

Steve Sinnott, le secrétaire général de la NUT a déclaré : « Ce n'est pas une attaque contre l'armée. Je sais qu'ils ont fait un travail remarquable en instaurant la paix dans certains pays. C'est une attaque contre des pratiques préjudiciables pour nos écoles. La question est de savoir si nous souhaitons enseigner une histoire juste et objective... »

Une partie du programme est particulièrement au coeur des préoccupations du syndicat enseignant. En effet le fascicule de l'élève fait mention de la reconstruction de l'Irak, des 20 hôpitaux mis en service et des 5000 nouvelles écoles ouvertes, mais rien sur les nombreuses victimes civiles irakiennes. D'un autre côté, le fascicule du professeur (censé donner des pistes sur l'enseignement d'un programme) évoque à quel point « l'invasion était nécessaire dans le but de supprimer cet oppressant dictateur qu'était Saddam Hussein » tout en omettant de dire que les nations unies ont refusé de participer à cette guerre.

Ce manque d'objectivité est d'autant plus troublant que le ministère de l'éducation avait refusé d'emmener les écoliers britanniques à la projection du film « Une vérité qui dérange » (réalisé par l'ex vice président américain et prix nobel de la paix 2007 : Al Gore), ne le jugeant pas assez objectif...

Ce que le programme du ministère de la défense avance et ce qui est (volontairement) omis :

- « L'iraq a été envahit début 2003 par la coalition américaine. Vingt neuf autres pays, incluant le Royaume Unis, apportèrent leur aide... L'Irak a alors abandonné son programme de dévelopement d'armes chimiques et nucléaires. Après la première guerre du golfe, l'Irak a enfreint l'accord de cesser le feu en ne remettant pas toutes ses armes de destruction massive. »

La réalité : L'allégation sur les armes de destruction massive en possession de l'Irak s'est avérée fausse. David Kay, mandaté par l'administration Bush pour chercher toute présence d'armes après l'invasion, n'a pu trouver aucune preuve qui aurait pu mettre en évidence un programme de développement ou de stockage d'armes chimiques ou nucléaires. La « coalition du bien » était un titre pompeux pour un rassemblement de petits pays incluant certes le Royaume Unis mais aussi l'Eritré, la Macédoine ou le Salvador.

 

- « L'invasion fut nécessaire pour supprimer Saddam et ramener la démocratie. »

La réalité : Le changement de régime n'était pas la raison donnée pour l'invasion. Les E.U et le R.U savaient que ca aurait été contre les lois internationnales. Par ailleurs, Saddam était encore un allié de l'occident alors qu'il perpétrait les pires attrocités.

 

- « Plus de 7000 troupes britanniques demeurent en Irak pour reconstruire le pays et entraîner les forces de sécurité irakiennes... Elles continuent à combattre contre les insurgés. »

La réalité : Le nombre de troupes britanniques est en dessous de 5000. Elles demeurent confinées dans la zone aéroportuaire où elles ne prennent jamais part directement aux combats.

 

- « Le coût des opérations militaires est de 1246 millions d'euros. »

La réalité : Le coût des opérations militaires en Irak a augmenté de 72 pour cent ces 12 derniers mois et est estimé pour cette simple année à 2143 millions d'euros.

 

- « Un total de 132 militaires britanniques ont été tués en Irak. »

La réalité : Plus de 175 militaires britanniques ont été tués depuis 2003. On estime le nombre de civils irakiens tués depuis le début de l'invasion à environ 85000.

 

- « Des hôpitaux, aux écoles en passant par les usines de traitements des eaux, la force de coalition aide à la reconstruction d'une nouvelle ère post Saddam. »

La réalité : Cinq années après la « libération », Bagdad n'est plus alimenté en courant électrique que quelques heures par jour. Des enfants sont tous les jours enlevés des écoles et alimentent des réseaux djihadistes. Les malades ayant besoin d'une opération chirurgicale à l'hôpital doivent acheter le sang qui va leur être transfusé sur le marché noir.

 

La colère des enseignants britanniques semblent être fondées et leur combat pour écarter la propagande militaire (si elle est avérée) des bancs de l'école est définitivement louable. Al Gore et son film n'était-il pas après tout plus objectif que le gouvernement britannique ? La question reste posée ...

les reactions a cet article
Cymande
le 17/03/2008 à 15:01:29

c'est pas vraiment comme la Guerre d'Algérie, puisque certains prof préfèrent ne même pas évoquer le sujet. D'autant plus que ça n'est quasiment jamais choisi comme sujet au Bac...

Stefanie
le 16/03/2008 à 21:09:49

Super article, très intéressant... C'est marrant, je n'ai lu ces infos nulle part ailleurs...

Inr0ck
le 16/03/2008 à 20:18:08

Ou l' Indochine aussi ... :/


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